Thursday, January 31, 2008

Aille spique frênche

I feel so bad for all the anglophone Quebeckers. How must they feel everytime they are reminded that their language is dangerous, that their culture is threatening, that they should plainly not be there?
The French language and culture have no legitimacy to be predominant in Quebec. There are two cultures here and they must coexist. None is better than the other.
I don't mind being served in English in shops anywhere in Montreal, because I think we're privileged. As long as everyone makes the effort to learn the other language, that's fine with me.

Merci à Lysiane Gagnon d'écrire dans ses chroniques ce que je n'ose plus dire. Par exemple, que beaucoup de Québécois parlent mal français.
J'aimerais apporter une petite précision, qui n'a sans doute rien à voir, à son article Dans l'antre de la bête. Tout en bas, elle écrit que les dépanneurs
sont une "porte d'entrée commerciale des immigrants (coréens à New York, arabes à Paris). Tout d'abord, n'y a-t-il pas une majuscule à Coréens et Arabes? Je n'en suis pas sûre mais si quelqu'un le sait, qu'il me fasse signe. Ensuite, les Arabes qui tiennent des dépanneurs à Paris, et bien ils ne sont pas toujours arabes. Parce que tous les Maghrébins ne sont pas arabes, et je ne sais pas comment ils le prennent quand on les appelle comme ça, mais moi ça m'énerverait. L'Arabe du coin...

Awaille, dépêche!
Lysiane Gagnon
La Presse
22 janvier 2008

«On peut pas laisser les vidanges icitte!» «Agrippe-toi, quel fun noir!» «Awaille! Dépêche!»

Ce sont les exemples de traduction «à la québécoise» que citait dernièrement, dans sa chronique du Journal de Montréal, notre collègue Benoit Aubin.

La compagnie Nintendo, fabricant américain de jeux vidéo, a décidé, sans y être obligée, de produire une version française du jeu «Super Mario» pour le marché québécois. Et voilà ce que ça donne: des expressions traduites, comme le dit Aubin, «dans un français atroce, délinquant et déplorable, comme on n'en trouve que chez nous».

On est ici en plein paradoxe. D'une part, on se réjouit de ce que cette grosse entreprise américaine veuille servir les Québécois francophones dans leur langue - une chose qui aurait été absolument impensable il y a 30 ans. D'autre part, on s'attriste de constater que dans ce domaine comme dans tant d'autres, ce que l'on nous sert, loin d'être du français, est une sorte de dialecte impossible à comprendre dans le reste de la francophonie.

Ne blâmons pas Nintendo. Cette langue-là, c'est celle que tolère - que pratique! - une grande partie de nos élites.

C'est cela qui a changé: naguère, les Québécois qui avaient eu la chance d'accéder à l'instruction s'efforçaient de s'exprimer correctement. Aujourd'hui, les gens instruits, bien plus nombreux qu'autrefois, adoptent - par coquetterie, par une sorte de snobisme à rebours, ou, dans le cas des amuseurs publics, pour élargir leur audience - la langue relâchée farcie de sacres qui était autrefois le lot de ceux qui avaient quitté l'école avant la fin du primaire.

Je cite Aubin: «Trente ans de batailles linguistiques pour établir le français comme langue commune d'usage public au Québec. Dix ans d'Internet qui ont donné un droit de cité dans le cyberespace à notre langue et à notre culture qu'on croyait menacées à court terme. Et pour aboutir à quoi? À Super Mario disant: «Cette job est pas pantoute facile!»

Il y a bien des gens que cette situation désespère, dont le directeur des études du cégep de Saint-Jérôme, Robert Ducharme, qui est aussi président de la Commission des affaires pédagogiques de la Fédération des cégeps.

Dans un récent courriel, M. Ducharme plaidait en faveur d'un «chantier national sur la langue». Il constatait, lui aussi, que le Québec compte beaucoup de gens instruits et bien informés, mais que la grande absente c'est la maîtrise de la langue. «La reconnaissance d'une diversité culturelle doit être, dit-il, soutenue par une langue parlée et écrite de qualité.»

Plus concrètement, il s'inquiète du futur marché de l'emploi. Notre secteur manufacturier s'amenuise à mesure que des usines se délocalisent vers les pays en voie de développement. Il y aura de moins en moins d'emplois de cols bleus, de moins en moins d'emplois qui n'exigeront pas la maîtrise de la langue qui va avec la spécialisation. Or, dit-il, «ce n'est pas en utilisant des mots imprécis et des phrases approximatives que nous pourrons nous assurer une place sur l'échiquier mondial».

Que l'on pense, justement, aux ordinateurs, au web, à l'Internet. Les nouveaux moyens d'information et de communication passent tous par la langue. Google corrigera vos menues fautes d'épellation en vous demandant si ce n'est pas plutôt tel mot que vous recherchez. Mais une connaissance approximative de la langue vous empêchera de tirer profit des moteurs de recherche.

Quelques futurologues ont déjà voulu nous faire croire que la majorité des gens n'aurait jamais besoin de savoir écrire. Quelle erreur! Jamais dans l'histoire l'écriture n'aura pris une telle importance. Les messages électroniques ont remplacé le téléphone. Même les patrons, qui se fiaient naguère à leur secrétaire pour rédiger leurs lettres, doivent aujourd'hui pouvoir écrire sur l'ordinateur.

Un chantier national sur la langue, qui dépasserait le strict domaine de l'école pour toucher tous les secteurs - familles, médias, arts, politique, commerce, entreprises Un chantier d'envergure nationale, qui serait, comme dit M. Ducharme, «porté par le gouvernement, voire l'Assemblée nationale» Mais oui, l'idée est excellente. Ce n'est pas la première fois qu'elle court, cependant, et jusqu'ici aucun parti, aucune coalition ne l'a ramassée.


Dans l'antre de la bête
Lysiane Gagnon
La Presse
24 janvier 2008

L'an dernier, la crise existentielle portait sur les hassidim et les musulmans en train de détruire notre culture. Cette année, on change de thème tout en restant dans la même veine: le français recule à Montréal!

Même si le sujet me lasse énormément (j'écris sur les questions linguistiques depuis l'époque du bill 63!), je me sens obligée d'apporter mon humble contribution à ce faux débat, pour deux raisons. Primo, je connais le terrain: la rue Sainte-Catherine Ouest - coeur du litige -, je l'ai toujours sillonnée; j'y suivais ma mère quand elle « magasinait» chez Morgan's, Eaton's et Ogilvy's. Étudiante, j'ai été vendeuse chez Simpson's (tous ces magasins portaient alors des «s», comme le veut l'orthographe anglaise). Secundo, j'habite depuis longtemps au centre-ville, dans l'antre de la bête.

Je ne m'attarderai pas sur la révolution linguistique qui s'est produite depuis les années 60. Toute personne de bonne foi le reconnaîtra. Ah! Mais le français commencerait-il à reculer? C'est la nouvelle peur qui s'est infiltrée dans les chaumières, à la faveur de reportages alarmistes et de l'habituelle démagogie politicienne.

Un collègue d'un autre quotidien, commentant l'enquête de l'Office de la langue française, qui révèle que l'on se fait servir en français dans 90% des commerces situés rue Sainte-Catherine, entre les rues Papineau et Du Fort, déplore que l'OLF n'ait pas ventilé les résultats en fonction des secteurs. Il soupçonne que si le français prédomine entre les rues Papineau et de Bleury, ce ne doit pas être le cas à l'ouest

Faux, cher ami, archifaux. Si vous n'habitiez pas en banlieue, vous sauriez que la langue du commerce, au centre-ville, c'est le français. Et aussi l'anglais bien sûr, car l'immense majorité des vendeurs est bilingue. Mais l'important, c'est qu'il n'y a pas un francophone qui soit obligé de passer à l'anglais pour se faire servir. C'est bien sûr le cas, sans exception, dans les grands magasins - La Baie, Simons, Ogilvy. Mais parlons des petits commerces, car ce sont eux qui sont la cible des doléances de nos zélotes.

Ma pharmacienne est vietnamienne, elle parle français avec un charmant accent. L'atelier de couture où je fais faire mes retouches est tenu par des Arabes qui parlent français approximativement. Ma cordonnerie, par des Arméniens qui parlent un excellent français. Chez Linen Chest, vous serez servis par des Rachida et des Maria qui parlent français mieux que la plupart d'entre nous.

Peut-être parce que les salaires sont trop bas, les jeunes Québécois de souche, tant francophones qu'anglophones, semblent bouder les postes de vendeurs. Les postes sont souvent comblés par des jeunes francophones d'origine haïtienne, maghrébine, libanaise ou africaine, ou par des immigrés relativement récents dont le français n'est pas la langue maternelle, mais qui l'ont bien appris.

Une commentatrice se plaignait l'autre jour qu'«en une seule soirée de magasinage sur Sainte-Catherine Ouest», elle a entendu «très peu de français chez les clients et chez les vendeurs». Le fait est que la rue Sainte-Catherine est intensément cosmopolite, et qu'un grand nombre de passants parlent anglais entre eux, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne connaissent pas le français. Et alors? Montréal a toujours eu une population anglophone, c'est l'une de ses richesses. Si la clientèle francophone a diminué en proportion au centre-ville, c'est parce que trop de francophones de souche ont émigré vers la banlieue, et qu'ils «magasinent» dans les centres commerciaux qui ont poussé au-delà des ponts.

Allons encore plus à l'ouest. Les bouchers et les maraîchers du marché Atwater sont tous francophones. On se fait aussi facilement servir en français au Cinq-Saisons de la rue Greene qu'à celui de la rue Bernard, dans la très française Outremont. Idem rue Monkland, la rue marchande de Notre-Dame-de-Grâce.

Ici et là à Montréal, on tombera parfois sur un dépanneur - invariablement un immigré récent - qui bredouille à peine le français. Les dépanneurs sont en effet, dans toutes les grandes villes, la porte d'entrée commerciale des immigrés (coréens à New York, arabes à Paris), parce que ces mini-commerces ne demandent pas trop d'investissements et qu'on y embauche ses proches. Où est le drame? C'est le lot des villes cosmopolites que d'avoir des îlots qui vivent en cercle fermé.

3 comments:

Anonymous said...

Tout d'abord, je suis fière de toi (comme d'habitude...) lorsque tu défends la langue et la culture françaises.
Ensuite, pour moi, dans le texte, "coréens" et "arabes" sont des adjectifs qualificatifs se rapportant à "immigrés" et ne prennent donc pas de majuscule.
Enfin, bravo de rappeler que tous les Maghrébins ne sont pas arabes (comme les Musulmans d'ailleurs).

Anonymous said...

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